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Husserlreste attentif à une propriété remarquable de la conscience : « Toute conscience est conscience de quelque chose ». Chaque fois que je pense, je pense bien à quelque chose. Cela veut dire que le « Je », la conscience vise toujours autre chose qu'elle-même. La conscience, si l'on veut, n'est jamais enfermée en elle-même, elle ÀPropos de Tout Est Rien. Je me nomme Yohâme, et vous souhaite la bienvenue sur ce blog où vous y trouverez des textes et vidéos autour de la conscience ainsi que des accompagnements de Thérapie Intuitive. Mon chemin – toujours en cours conscientConscience = cum scienta = avec savoir Être conscient c’es agir, sentir ou penser tout en savhant que l’on agit, sent ou pense. De manière classique, la conscience se définit comme la connaissance que l’Homme a de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. Avoir conscience de quelque chose c’est s’en rendre compte Ilest important que vous trouviez un Population Gay à Ardea de sorte que vous pouvez faire de nouveaux amis et d'apprendre sur les meilleurs endroits que vous devez visiter dans la région. Toute Population Gay à Ardea peut être facilement trouvé sur Menkarta. Vous trouverez rapidement les éléments énumérés ci-dessous afin de vous faire gagner du temps. QCMde culture générale, qcm :QCM général sur toutes les notions du programme, question : Qui a dit « Toute conscience est conscience de quelque chose » ? Site de QCM de culture générale et tests psychotechniques pour tous les concours de la Fonction publique * Tests QCM. Tests Psychotechniques. Fiches Prépa-Concours. Tous les concours. EXEMPLES DE RECHERCHE DE Site De Rencontre Gratuit Dans Le 83. La méditation est l’une des clés du développement spirituelle. crédit image Bpilgrim La conscience pure et l’identification à elle sont des étapes spirituelles très difficiles à cerner, mais que l’on ne peut pas ignorer lorsqu’on les atteint, tant elles sont puissantes, tant l’expérience qui en découle change à jamais les êtres qui l’ont connue. Pour beaucoup, ce ne seront que des buts jamais atteints mais vers lesquels cheminer pour s’améliorer sans cesse. Cela reste tout aussi noble et il serait dommage de s’en priver. La conscience pure, qu’est-ce que c’est ? La conscience pure, c’est la conscience de toute chose, sans l’idée d’avoir conscience. C’est l’expérience la plus directe à l’être. On voit, on sait, on sent, sans aucune barrière entre soi et l’expérience, sans que jamais ne s’interpose entre soi et l’objet l’idée que l’on observe, que l’on sent, que l’on voit, que l’on vit une expérience. Non, au contraire, l’on vit cette expérience d’une manière totale, on est tout à elle, on est elle. On dépasse son ego, sa personne, sa personnalité, pour accéder à la conscience des choses telles qu’elles sont véritablement, sans que nous ne les modifions par notre jugement, notre expérience, notre volonté, nos attentes et tout ce qui altère notre conscience et notre perception. Nous nous extirpons des stéréotypes qui modifient ce que nous percevons. Nous dépassons les sens et leurs imperfections pour accéder à la conscience objective de toute chose. C’est alors un stade supérieur de l’être auquel on accède, dépassant le plan matériel pour accéder à la vérité de tout. Une expérience de la réunion Pour la conscience pure, les divisions, les frontières, les différences apparentes n’existent pas, puisqu’elle s’identifie à tout et que tout est elle. C’est ainsi que l’on découvre un autre état de chaque chose, loin des jugements que sont les divisions, les différences. Grâce à la conscience pure, il est possible de voir au-delà de ces frontières et de ces limites qui nous servaient auparavant à établir des classification. On voit désormais comme chaque chose trouve sa place dans le tout, comme les évènements, les objets, les pensées… participent à construire ce tout. Soi-même, l’on se sent intégré à un tout, l’on dépasse ce que l’on pensait être notre personnalité pour trouver une place dans la totalité que l’on peut désormais cerner. Cesser de rendre personnel tout ce que l’on croise La conscience pure nous permet également de nous détacher de tout ce que l’on croise sur son chemin. Nous ne réduisons plus tout ce qui nous arrive à une expérience personnelle et à un fait que nos élaborations mentales façonnent d’une manière partielle et partiale. Nous dévoyons ce qui arrive en pensant que cela nous arrive, alors que cela ne fait que survenir. La conscience pure est un but que l’on doit travailler à atteindre, tout en restant suffisamment humble pour accepter de ne jamais l’atteindre. C’est en sachant ainsi que l’on ne pourra probablement jamais le faire que l’on dégage notre pratique d’une motivation néfaste. La conscience pure est la recherche d’une vie entière, mais chaque pas fait en sa direction vous apportera énormément. Sujets abordés dans cet article abolition des différences conscience pure étape spirituelle pure conscience Partagez notre article sur vos réseaux sociaux Vous pourriez également apprécier Pas de conscience sans objet toute conscience se situe toujours par rapport à un objet vers lequel elle est tendue elle est donc dirigée vers un contenu autre qu’elle-même. Même si je ne pense à rien, ce rien » est encore pour la conscience pensante un objet vers lequel elle se projette. Toute conscience est conscience de quelque chose » ainsi se définit une des caractéristiques importante de la conscience son intentionnalité. Ma conscience est intentionnellement tournée vers les objets de son expérience. Intentionnalité une opération de la conscience qui l’oriente vers des objets de son expérience pour leur donner du sens. La conscience n’a pas de dedans » Mais Husserl n'est point réaliste cet arbre sur son bout de terre craquelée, il n'en fait pas un absolu qui entrerait, par après, en communication avec nous. La conscience et le monde sont donnés d'un même coup extérieur par essence à la conscience, le monde est, par essence, relatif à elle... Vous saviez bien que l'arbre n'était pas vous, que vous ne pouviez pas le faire entrer dans vos estomacs sombres et que la connaissance ne pouvait pas, sans malhonnêteté, se comparer à la possession. Du même coup, la conscience s'est purifiée, elle est claire comme un grand vent, il n'y a plus rien en elle, sauf un mouvement pour se fuir, un glissement hors de soi; si, par impossible, vous entriez dans » une conscience, vous seriez saisi par un tourbillon et rejeté au-dehors, près de l'arbre, en pleine poussière, car la conscience n'a pas de dedans » ; elle n'est rien que le dehors d'elle-même et c'est cette fuite absolue, ce refus d'être substance, qui la constituent comme une conscience. Imaginez à présent une suite liée d'éclatements qui nous arrachent à nous-mêmes, qui ne laissent même pas à un nous-mêmes » le loisir de se former derrière eux, mais qui nous jettent au contraire au-delà d'eux, dans la poussière sèche du monde, sur la terre rude, parmi les choses ; imaginez que nous sommes ainsi rejetés, délaissés par notre nature même dans un monde indifférent, hostile et rétif ; vous aurez saisi le sens profond de la découverte que Husserl exprime dans cette fameuse phrase Toute conscience est conscience de quelque chose ». Sartre Situations I, Une idée fondamentale de la phénoménologie de Husserl p. 31-35. Ma conscience se nourrit de l’objet expérimenté mais, en même temps, ce dernier prend sens en fonction du regard que je porte sur lui, de ma manière de me le représenter, de mon point de vue sur lui, etc. Conscience et monde ne sont donc pas deux entités distinctes mais sont constituées par une indissociable relation. Ma conscience s’efface devant ce qu’elle donne à voir ou révèle, lorsqu’elle est confrontée à l’indéterminé. Ainsi, dans une ville inconnue, j’ai tendance à structurer ce que je vois en lui donnant du sens. Et nous constituons les objets sans nous apercevoir de ce pouvoir. regard →sens. Cf. l’arbre perçu depuis ma fenêtre il existe une objectivité de l’arbre couleurs, formes, éléments constitutifs, etc. indépendante de mon regard. Mais ma projection vers l’arbre peut être différente selon le moment, l’angle de vue, ma conception de la nature, etc. D’où toute conscience, tout cogito ne se comprend que par sa relation aux objets, par sa manière intime de les viser. De plus, parce que le conscience vise les objets de différentes façons, l’intentionnalité n’est pas de type unique selon que je doute, aime, hait, désire, craint ou imagine, elle constitue l’objet de manière particulière. La conscience comme conscience de…ou intentionnalité "La perception de cette table est, avant comme après, perception de cette table. Ainsi, tout état de conscience en général est, en lui-même, conscience de quelque chose, quoi qu’il en soit de l’existence réelle de cet objet et quelque abstention que je fasse, dans l’attitude transcendantale qui est mienne, de la position de cette existence et de tous les actes de l’attitude naturelle. Par conséquent, il faudra élargir le contenu de l’ego cogito transcendantal, lui ajouter un élément nouveau et dire que tout cogito ou encore tout état de conscience "vise" quelque chose, et qu’il porte en lui-même, en tant que "visé" en tant qu’objet d’une intention, son cogitatum respectif. Chaque cogito, du reste, le fait à sa manière. La perception de la "maison" "vise" se rapporte à une maison - ou, plus exactement, telle maison individuelle - de la manière perceptive ; le souvenir de la maison "vise" la maison comme souvenir ; l’imagination, comme image ; un jugement prédicatif ayant pour objet la maison "placée là devant moi" la vise de la façon propre au jugement prédicatif ; un jugement de valeur surajouté la viserait encore à s manière, et ainsi de suite. Ces états de conscience sont aussi appelés états intentionnels. Le mot intentionnalité ne signifie rien d’autre que cette particularité foncière et générale qu’a la conscience d’être conscience de quelque chose, de porter, en sa qualité de cogito, son cogitatum en elle-même. " E. Husserl, Méditations cartésiennes. La conscience est donc donatrice de sens. C’est pourquoi elle peut quérir un sens à tout prix, c’est-à-dire chercher à se rassurer. Elle pose donc sa thèse générale du monde. Ainsi, lorsque je perçois spontanément un objet, cela suppose en arrière-fond toutes mes expériences antérieures, c’est-à-dire une conscience réfléchie qui réactualise dans l’instant les étapes de constitution du monde par lesquelles j’ai originairement donné du sens. Mais cela peut poser problème lorsque j’ai défini le monde d’une certaine manière, je peux me contenter de mon regard initial. Mais le monde peut-il se réduire au regard que je porte sur lui ? Comment devons-nous orienter notre regard étant donné l’intentionnalité naturelle de notre conscience ? La phénoménologie, en ce sens, n’exige-t-elle pas un changement radical d’attitude, c’est-à-dire une réforme de notre regard sur les choses ? source Les philosophes ont beaucoup parlé de la conscience qui est un thème majeur de l'histoire de la philosophie et une des notions au programme du baccalauréat. Pour comprendre de quoi il s'agit il serait temps d'examiner sa fonction et sa place concrète dans notre vie. Pour les neurologues, la conscience est quelque chose de très précis. Il y a en effet dans le cerveau, après une sensation quelle qu'elle soit, une trace visible par certains mécanismes des scanners qui revient en quelque sorte dans le cerveau, une sorte de retour rapide, de flash qui traverse très rapide tout notre cerveau, et qui atteste selon les neurologues, de la conscience ; le moment où le sujet vivant rapporte la sensation dont il a été le porteur à lui même. La conscience est le fait de savoir que quelque chose qui nous arrive nous arrive à nous, vraiment. "La conscience est d'abord la conscience d'un soi"La conscience n'est pas seulement la conscience de quelque chose ni même la conscience de soi, c'est d'abord la conscience d'un soi, la conscience de quelqu'un qui se rapporte et situe dans le monde, et si elle disparaît - comme dans certaines pathologies neurologiques, cérébrales - alors, y-a-t-il encore quelqu'un dans cette boîte crânienne ? Situer la conscience comme quelque chose de vital dans notre cerveau, c'est attester aussi de sa vulnérabilité .... La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art… Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts "Le Pourquoi du comment" ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n'osez poser. Publié le 07/03/2016 Spécificité humaine – Une pensée historique et sociale DE QUOI PARLE-T-ON ? La conscience. La conscience est à la fois une réalité intérieure et une capacité. Nous sommes conscients et nous le savons les deux sont indissociables !. Cela s’impose à nous depuis notre enfance. Cela nous donne une liberté et des possibilités extrêmes. La conscience, spécificité humaine. Si un être humain perd sa conscience, c’est la qualité même de son existence qui disparaît. Les plantes et les animaux peuvent très bien vivre sans conscience, mais pas les hommes. LA DEFINITION Les différentes facettes de la conscience sont les suivantes – Pouvoir formuler pour soi-même ou les autres ce que l’on éprouve, désire, pense. – Admettre que tout ce qui m’arrive dans le temps concerne bien une seule et même entité durable moi-même. – Entendre » en moi-même des jugements sur la valeur morale de ce que je fais. – Trouver évident que cette vie intérieure que je ressens en moi existe aussi et globalement de la même façon chez tous les autres êtres humains les psychologues appellent cela avoir une théorie de l’esprit ». Certains animaux ont-ils une conscience ? Les facettes citées ci-dessus sont indissociables de la pensée, elle-même indissociable du langage. En étudiant scientifiquement le comportement animal, on se rend compte que les animaux se repèrent très efficacement dans leur environnement. Mais c’est seulement chez les plus proches de nous, les grands singes, qu’une vraie sensibilité aux autres et une représentation assez abstraite pourraient frôler la conscience. LA CITATION Toute conscience est conscience de quelque chose ». – La conscience est une pensée et une visée. Est-elle banale, cette phrase de Husserl, l’un des plus importants philosophes du XXe siècle ? Pas du tout, si on la comprend comme une mise au point. Il n’y a pas de conscience vide, dans l’absolu, sans contenu. Donc, on ne peut pas se satisfaire du célèbre Je pense, donc je suis », affirmé par Descartes au XVIIe siècle, qui peut donner l’impression d’une conscience pure et simple. Je suis, j’existe, bien sûr, mais il faut préciser que je pense nécessairement quelque chose, ou à quelque chose. Selon Husserl, par nature, la conscience est une visée, donc une fenêtre ou un projecteur qui choisit nécessairement ce qu’elle éclaire. C’est la notion de champ de conscience». – La conscience est inscrite dans son temps. Symétriquement, la conscience ne peut pas être autre chose que l’être-conscient ». Toute conscience est celle de quelqu’un, bien situé dans son époque, dans son rôle parmi les autres. C’est Marx qui faisait au siècle précédent cette autre mise au point. Il n’y a pas de conscience anonyme, flottante, de tout le monde et de personne. Elle est nécessairement historique et sociale. On peut partir de l’intériorité de l’individu, à l’instar d’Husserl, ou de la société autour de lui, comme Marx. La question à se poser, c’est la conscience… de quoi ?… de qui ? Pour plus de révisions, s’abonner au magazine Phosphore Guides. TLFi Académie9e édition Académie8e édition Académie4e édition BDLPFrancophonie BHVFattestations DMF1330 - 1500 CONSCIENCE, subst. fém.[Chez l'homme, à la différence des autres êtres animés] Organisation de son psychisme qui, en lui permettant d'avoir connaissance de ses états, de ses actes et de leur valeur morale, lui permet de se sentir exister, d'être présent à lui-même; p. méton., connaissance qu'a l'homme de ses états, de ses actes et de leur valeur morale 1. La conscience puise ses aliments dans l'immense milieu qu'elle résume en soi; mais elle ne le résume et ne le contient qu'en le dépassant, qu'en formant une synthèse originale, qu'en devenant l'acte de toutes ces conditions et de ces puissances subalternes. M. Blondel, L'Action,1893, p. ... il est impossible d'assigner à une conscience une autre motivation qu'elle-même. Sinon il faudrait concevoir que la conscience, dans la mesure où elle est un effet, est non consciente de soi. Il faudrait que, par quelque côté, elle fût sans être conscience d' être. Nous tomberions dans cette illusion trop fréquente qui fait de la conscience un demi-inconscient ou une passivité. Mais la conscience est conscience de part en part. Elle ne saurait donc être limitée que par elle-même. Sartre, L'Être et le Néant,1943, p. ... l'unité de la conscience se construit ainsi de proche en proche par une synthèse de transition ». Le miracle de la conscience est de faire apparaître par l'attention des phénomènes qui rétablissent l'unité de l'objet dans une dimension nouvelle au moment où ils la brisent. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception,1945, p. 39.− [La conscience chez l'homme, p. oppos. aux végétaux et aux animaux] 4. Radicale aussi, ... est la différence entre la conscience de l'animal, ... et la conscience humaine. Car la conscience correspond exactement à la puissance de choix dont l'être vivant dispose; elle est coextensive à la frange d'action possible qui entoure l'action réelle conscience est synonyme d'invention et de liberté. Or, chez l'animal, l'invention n'est jamais qu'une variation sur le thème de la routine. Bergson, L'Évolution créatrice,1907, p. 264.♦ [La conscience en tant qu'elle est prêtée à l'univers dans les visions poétiques, animistes] Dans toute la Nature, il [l'artiste] soupçonne une grande conscience semblable à la sienne A. Rodin, L'Art,1911, pp. 218-2195. Sache que tout connaît sa loi, son but, sa route; Que, de l'astre au ciron, l'immensité s'écoute; Que tout a conscience en la création... Hugo, Les Contemplations,t. 3, La Bouche d'ombre, 1856, p. 435.− P. méton. L'être humain même, en tant qu'il est doué de conscience. On ne peut pas réaliser que les autres gens sont des consciences qui se sentent du dedans comme on se sent soi-même, dit Françoise S. de Beauvoir, L'Invitée,1943, p. 14.I.− [La conscience en tant qu'elle permet de connaître]A.− [La conscience du point de vue de son fonctionnement, de ses différents niveaux; la connaissance qu'elle donne du point de vue de sa qualité, de ses différents degrés de clarté]1. PHILOSOPHIE− Courant, flux de la conscience [W. James, Bergson] ,,Flux qualitatif des états intérieurs`` Piguet 1960. − Champ de la conscience. Champ de l'activité cérébrale, dirigé par l'attention qui détermine son contenu et sa plus ou moins grande ouverture, auquel se limite la conscience à un instant donné cf. H. Ey, La Conscience, Paris, 1963, pp. 41-42.Contenu de la conscience 6. ... une attention trop contrainte étrique l'action en rétrécissant le champ de conscience et en pliant l'élan spirituel à la courbure égocentrique. Mounier, Traité du caractère,1946, p. Champ de conscience ouvert, rétréci, étroit; ouverture, ampleur, largeur, resserrement, rétrécissement, étroitesse du champ de conscience; occuper, envahir, quitter le champ de la conscience; rétrécir le champ de conscience.♦ P. ext. Champ de la connaissance claire. Or, pour que les sociétés puissent vivre dans les conditions d'existence qui leur sont maintenant faites, il faut que le champ de la conscience tant individuelle que sociale, s'étende et s'éclaire Durkheim, De la Division du travail soc.,1893, p. 15.− Fait, phénomène de conscience. Modification du sujet. Acte de la conscience. Acte par lequel le sujet prend connaissance de cette modification 7. Non seulement l'attention donnée aux faits de conscience les modifie et les altère, mais souvent elle les fait passer du néant à l'être; ou, pour parler plus exactement, elle amène à l'état de faits de conscience des phénomènes psychologiques qui n'auraient pas de retentissement dans la conscience sans l'attention qu'on y donne... Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances,1851, p. ... quand je veux m'exprimer, je fais cristalliser dans un acte de conscience un ensemble indéfini de motifs, je rentre dans l'implicite, c'est-à-dire dans l'équivoque et dans le jeu du monde. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception,1945, p. 342.− État de conscience. Ensemble des phénomènes existant simultanément dans la conscience à un instant donné et dont la succession représente l'activité cérébrale du sujet 9. ... plus un état de conscience est complexe, plus il est personnel, plus il porte la marque des circonstances particulières dans lesquelles nous avons vécu, de notre sexe, de notre tempérament. Durkheim, De la Division du travail soc.,1893, p. État de conscience individuel, personnel, actuel, habituel; états de conscience vécus, identiques, contraires, nouveaux; succession, multiplicité des états de conscience; analyser un état de ,,Il est abusif d'employer l'expression état de conscience comme synonyme de fait de conscience; cette méprise est très fréquente`` Goblot 1920.− Conscience psychologique. Intuition par laquelle l'homme prend à tout instant une connaissance immédiate et directe, plus ou moins complète et claire, de son existence, de ses états et de ses actes 10. Le psychologue, lui, se bornait à étudier la conscience de soi », qu'il présentait comme un acte de pure appréhension psychologique obtenu en détachant le regard intérieur de toute liaison avec la vie du corps et les solidarités de milieu. Or la donnée la plus immédiate de la conscience psychologique n'est pas un état, fût-il subtil, fût-il unique, c'est une affirmation, saisie comme telle, par elle-même, dans son exercice d'abord, puis dans sa propre réflexion sur son activité. Mounier, Traité du caractère,1946, p. 524.− [La connaissance intervient en dehors de la distinction sujet connaissant − objet connu − acte de connaître, le fait conscient n'étant pas distingué de la connaissance, de la conscience, que le sujet en a] Conscience immédiate, conscience spontanée. Connaissance instantanée, non accompagnée d'effort, du vécu tel qu'il se présente. Synon. conscience instantanée, irréfléchie, primaire, brute...La conscience immédiate n'est rien sans l'entendement qui cherche à comprendre ce qu'elle éprouve globalement Ricœur, Philos. de la volonté,1949, p. 20211. ... il y a entre la conscience immédiate et la pensée le sujet pensant la relation même qu'il y a entre le donné quel qu'il soit, même purement psychique et l'idée, c'est-à-dire le contenu intelligible non posé comme existant qui seul peut rendre raison du donné, tout en maintenant d'ailleurs le caractère contingent. Marcel, Journal métaphysique,1914, p. 22.− [La connaissance se construit par l'opposition sujet connaissant − objet connu − acte de connaître, le fait conscient est distingué de la connaissance, de la conscience que le sujet en prend] 12. La conscience qui compare les phénomènes est un acte représentatif de la relation donnée entre eux. .... La comparaison élémentaire appartient à l'animal. L'homme seul, en comparant, se représente la comparaison même. L'homme prend pour représentés ses actes, ses opérations comme telles. Cette conscience de la conscience est la réflexion. Renouvier, Essais de crit. gén.,3eessai, 1864, p. IX.♦ Conscience réfléchie. Connaissance claire indirecte, accompagnée d'effort, la conscience effectuant un retour réflexif sur elle-même pour analyser et caractériser avec exactitude le fait conscient ou l'objet de la conscience. Synon. conscience claire et temps, tel que se le représente la conscience réfléchie, est un milieu où nos états de conscience se succèdent distinctement de manière à pouvoir se compter Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience,1889, p. 78.♦ [Conscience réfléchie en oppos. paradigmatique] Mouvement et poids sont des distinctions de la conscience réfléchie la conscience immédiate a la sensation d'un mouvement pesant, en quelque sorte Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience,1889, p. 4913. La conscience réfléchie s'arrête sur une muraille infranchissable de conscience brute, qui surplombe directement l'inconscient. Ruyer, Esquisse d'une philos. de la struct.,1930, p. Conscience primitive, conscience réfléchie, conscience subjective, conscience objective cf. Lalande 1968.− Prise de conscience. ,,Passage à la conscience claire et distincte de ce qui, jusqu'alors, était automatique ou implicitement vécu`` Lafon 1963-69.♦ Loi de prise de conscience. ,, L'individu prend conscience d'une relation d'autant plus tard et plus difficilement que sa conduite a impliqué plus tôt, plus longtemps ou plus fréquemment l'usage automatique de cette relation ». Loi formulée par Ed. Clarapède dans les Archives de Psychologie, en 1918, t. XVII, p. 71`` Lalande 1968.Rem. Cf. infra I A 2 et I A 3.− [P. oppos., en partic., à l'état réflexif, à l'état de sommeil, à l'état inconscient ou à l'inconscient] Quand la présence d'un organe atteint le seuil de la conscience, cet organe commence à mal fonctionner. La douleur est un signal d'alarme Carrel, L'Homme, cet inconnu,1935, p. 130.Mon passé, ... s'enfonce dans une conscience crépusculaire où la mémoire sombre et s'éteint Ricœur, Philos. de la volonté,1949, p. 41614. De ce corps-sujet, nous n'avons donc pas véritablement conscience, mais par lui nous avons conscience de la totalité du monde. En un mot, la conscience du corps est latérale et rétrospective; ... J. Vuillemin, L'Être et le travail,1949, p. Conscience obscure, confuse; conscience de veille; seuil, éveil, éclipse de la conscience; lueur, éclair de conscience; arriver à la conscience; atteindre, franchir le seuil de la conscience.♦ Conscience marginale [W. James] ,,... contenu plus ou moins confus de la conscience, en marge de la conscience claire proche du pré-conscient et du subliminal`` Ancelin 1971.Rem. Pour conscience claire, cf. supra conscience réfléchie.♦ Conscience hypnagogique. Conscience relative à la phase hypnagogique du sommeil. 2. PSYCHOPATHOL., PSYCHANAL. La conscience psychasthénique présente un mode très particulier que désignent les noms de folie lucide, de délire avec conscience le malade est plus que conscient de son désordre, il l'observe, le critique, le juge et le repousse Mounier, Traité du caractère,1946, p. 27215. Le sens profond de la cure psychanalytique n'est pas une explication de la conscience par l'inconscient, mais un triomphe de la conscience sur ses propres interdits par le détour d'une autre conscience déchiffreuse. L'analyste est l'accoucheur de la liberté, en aidant le malade à former la pensée qui convient à son mal; il dénoue sa conscience et lui rend sa fluidité... Ricœur, Philos. de la volonté,1949, p. 376.− Conscience morbide. ,,... structure générale de la personnalité du psychopathe telle qu'elle lui apparaît à lui-même ...`` Porot 1960. − Prise de conscience. Accès à la conscience claire, par une cure psychanalytique, d'un conflit jusque-là refoulé dans l'inconscient et faisant problème. 3. Cour. [Emplois correspondant à certains des emplois philosophiques exposés supra; le plus souvent avec un adj. indiquant la qualité de la connaissance et suivi d'un compl. déterminatif]a [Correspond à la notion philosophique de conscience immédiate, spontanée] Conscience de immédiate, intuitive, synthétique et assez floue de quelque chose.− Locutions♦ Avoir la conscience vague, obscure... de qqc. Avoir l'intuition, l'impression, le sentiment de quelque chose; avoir connaissance, se rendre compte de quelque chose de façon très globale. Avoir conscience de + inf. passé; avoir conscience que[Souvent dans des constr. négatives] . Ne pas avoir conscience de qqc.; n'avoir aucune conscience de qqc. Ne plus avoir conscience de + inf. passé. ,,Je n'ai pas eu conscience qu'il pleuvait. J'ai eu conscience d'être suivi. J'ai une vague conscience que ce rouge est plus vif, que ce raisonnement ne conclut pas`` 1962, Foulq. 1971.Nul de nous n'a conscience de sa propre nature, sans quoi ... les mystères de l'âme nous seraient parfaitement connus Cousin, Hist. de la philos. du XVIIIes.,1829, p. 197.À certains instants, la vérité est si forte que je n'ai plus conscience d'avoir été dans l'erreur J. Bousquet, Traduit du silence,1935-36, p. 171.Une amorce de sieste dont il avait l'agréable et vague conscience A. Arnoux, Roi d'un jour,1956, p. 288.Rem. Ne pas avoir conscience que ,,On emploie le subjonctif dans les phrases subordonnées à ce verbe. Elle n'avait plus conscience que Marius fût là V. Hugo. La construction affirmative demande l'indicatif. J'ai conscience que vous avez raison`` G. O. D'Harvé [36, p. 209] ds Dupré 1972.♦ Perdre conscience de qqc. Perdre la notion de quelque chose, ne plus en avoir la connaissance minimale qui permettrait en particulier d'ajuster son comportement. Perdre toute conscience de ses actes; perdre la conscience du réel, du temps, des lieux; perdre conscience de tout. Dans le même sens ne plus avoir conscience de qqc. C'était un étonnement pour ses camarades, que de le voir, au milieu de graves préoccupations, perdre conscience des bienséances et de sa dignité Arland, L'Ordre,1929, p. 21.b [Correspond à la notion philosophique de conscience réfléchie, claire et médiate] Connaissance claire, acquise par l'analyse et la réflexion, de l'expérience vécue. Cette immense déperdition des forces humaines, qui a lieu par l'absence de direction et faute d'une conscience claire du but à atteindre Renan, L'Avenir de la science,1890, p. 122.Dans la pleine conscience de la responsabilité que j'assume, ... j'ai cru bien faire en vous parlant ainsi Bernanos, Sous le soleil de Satan,1926, p. 134.− Locutions♦ Avoir la conscience claire, intense... de qqc. Avoir une connaissance claire, le sentiment net de quelque chose; sentir avec intensité la réalité de quelque chose. Avoir la conscience distincte de qqc.; avoir la conscience que; donner une conscience nette de qqc.; avoir une haute conscience de sa valeur. J'aime à le voir ainsi, ayant la confiance de sa force et la conscience de son mérite A. Dumas Père, Richard Darlington,1832, I, 1, p. 28.Il est indispensable ... que vous preniez pleinement conscience de l'étendue de votre faiblesse M. Butor, La Modification,1957, p. 11316. ... ils ne lui offraient pas de conseils et elle n'en demandait pas. Elle avait conscience qu'il n'appartenait qu'à elle de faire son choix et d'arrêter sa vie,... Hémon, Maria Chapdelaine,1916, p. 194.♦ Prendre conscience de qqc. Acquérir la connaissance claire de quelque chose; apercevoir quelque chose avec suffisamment de netteté pour en tenir compte le cas échéant. Prendre claire et précise conscience de qqc., prendre une conscience intense de qqc., prendre pleine/pleinement conscience de qqc.; donner une conscience nette de qqc. Pour moi, étranger dans cette vie harmonieuse, j'en prenais une conscience intense Barrès, Le Jardin de Bérénice,1891, p. 9617. Il y a un mouvement spontané des masses. Le rôle des communistes est d'en prendre conscience, pour le faire aboutir .... Il ne s'agit pas pour eux d'infuser en quelque sorte aux prolétaires un idéal qui ne leur serait pas immanent, mais au contraire de leur faire prendre pleine conscience de ce qu'ils sont J. Lacroix, Marxisme, existentialisme, personnalisme,1949, p. de conscience. Fait de prendre connaissance, conscience de quelque chose, en particulier de l'existence d'un problème, par une démarche intérieure souvent plus morale qu'intellectuelle. Le tiers monde, sans une sérieuse prise de conscience individuelle, ne sera jamais pour nous qu'une formule [J. R.] ds Giraud-Pamart1971.SYNT. Prise de conscience claire, aiguë; prise de conscience d'une idée, d'un phénomène, d'une transformation, d'une difficulté, d'un problème; véritable prise de conscience; provoquer une prise de conscience.♦ Avoir toute sa conscience. Jouir de toutes ses facultés de connaissance actuelle, avoir tous ses esprits. ♦ Perdre conscience. Ne plus être présent à soi-même, perdre la connaissance de son existence du fait de l'endormissement, d'une drogue...; s'évanouir. Perte de conscience. Reprendre conscience. Reprendre connaissance, revenir à soi. Synon. reprendre ses esprits, ses sa conscience. Le gazon me reçut, étendue et molle ... Quand je repris conscience, ... je respirais, le nez frotté d'eau de Cologne, aux pieds de ma mère Colette, La Maison de Claudine,1922, p. 65.Il se laissa choir sur le matelas, et perdit conscience. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il faisait jour R. Martin du Gard, Les Thibault,Le Cahier gris, 1922, p. 64118. Opéré le 2. Anéantissement de l'être sous l'action de l'éther, la chute dans un abîme obscur et sonore, ce grand bruit de cloches semblables à celles des trains américains, surtout cette impossibilité de résister, de se retenir à quoi que ce soit, il doit y avoir un peu de tout cela dans la mort. J'ai trouvé curieuse la minute qui a précédé la perte de conscience, mais pas le moins du monde effrayante. Green, Journal,1929, p. [La conscience du point de vue de son objet]1. Cour. cf. supra I A 3.2. PHILOS. Conscience de soi-même, conscience non-thétique de soi, conscience poétique; conscience du corps, du vécu; conscience d'autrui, de l'autre; conscience d'objet, de l'objet; conscience du réel; conscience thétique du monde; conscience subjective de soi, conscience objective du nous; conscience perceptive, percevante 19. La conscience de soi pour s'affirmer doit se distinguer de ce qui n'est pas elle. L'homme est la créature qui, pour affirmer son être et sa différence, nie. Camus, L'Homme révolté,1951, p. LING. Conscience linguistique [ling. saussurienne],,... sentiment intime que le locuteur a des règles et des valeurs linguistiques ...`` Ling. 1972; cf. aussi Vachek 1960.4. SOCIOL. Conscience de classe. Connaissance claire qu'ont les membres d'une classe sociale du statut qu'occupe leur classe dans l'échelle de la société différenciée dont elle fait partie, et les sentiments que suscite cette connaissance 20. ... comment Marx, ... aurait-il méconnu cette action prolétarienne? ... cette action, tout en assurant en effet au prolétariat quelques avantages économiques partiels, se résume surtout à accroître sa conscience de classe, à développer en lui le sentiment de ses maux et celui de sa force. Jaurès, Ét. socialistes,1901, p. Cf. infra I C conscience [Emplois méton. dans lesquels la conscience apparaît comme pouvant être le fait d'un sujet isolé ou d'une collectivité] Ensemble des faits psychiques, saisis par la conscience spontanée, propres à une personne ou à un ensemble de personnes qui les ont en commun; p. méton. siège de ces phénomènes présenté comme un lieu où ils se dérouleraient. Ma conscience est une forteresse Vigny, Le Journal d'un poète,1846, p. 1249.Ce qu'il y a de meilleur dans la conscience moderne est le tourment de l'infini Sorel, Réflexions sur la violence,1908, p. 3921. ... il le contemplait maintenant du même regard avide qu'il eût regardé sa propre conscience. Et comme sa propre conscience, il eût voulu aussi le jeter hors de lui, revenir dessus, le piétiner, l'anéantir... Bernanos, L'Imposture,1927, p. 454.− SOCIOL. Conscience collective, ou commune, ou de groupe [Durkheim] Ensemble des faits psychiques représentations, idées, sentiments, aspirations, croyances, interdits... communs aux membres d'une même société, qui se manifeste par les rites, les traditions, les institutions... et dont l'existence est particulièrement ressentie lors de certains rassemblements. Ses poussées de fièvre [de la monnaie], ses dépressions, ses surexcitations, ses langueurs correspondent à des maladies de la conscience collective A. Arnoux, Pour solde de tout compte,1958, p. 160.Rem. ,,Dans la psychologie des foules de G. Le Bon, la conscience collective est l'unité affective de la foule, réalité née du rassemblement et de la tension groupale et déterminant les réactions, les conduites, les croyances de la masse qui se comporte comme un vaste corps. Cette conscience aurait pour caractéristique d'être incapable de réflexion ou d'intelligence et ne comporte que des sentiments et émotions collectives, contagieuses et poussant à l'action immédiate`` Mucch. Sc. soc. 1969.II.− [La conscience en tant qu'elle juge la moralité de ce qu'elle connaît] Conscience morale. Propriété particulière de la conscience humaine supra I qui permet à l'homme de porter des jugements normatifs immédiats, fondés sur la distinction du bien et du mal, sur la valeur morale de ses actes; connaissance intuitive, sentiment intime de cette valeur. La conscience prononce sur toutes choses avec l'équité Mmede Staël, De l'Allemagne,t. 4, 1810, p. 324.Je suis parvenu à avoir la ferme conviction que ... ce qu'on appelle conscience n'est que la vanité intérieure Flaubert, Correspondance,1838, p. 3922. L'entretien intime de deux scélérats n'est jamais long... Quelque secret que soit leur entretien, il a toujours deux insupportables témoins; Dieu, qu'ils ne voient pas; et la conscience qu'ils sentent. Hugo, Han d'Islande,1823, p. 180.− Allus. littér. ,,Science sans conscience n'est que ruine de l'âme`` Rabelais, Pantagruel, II, 8. − P. méton. de suj. [La conscience morale en tant qu'elle est le fait d'un ensemble de pers.] Conscience publique. ,,Un acte pareil est une insulte à la conscience publique`` du genre humain, conscience morale des nations cf. Durkheim, De la Division du travail soc., 1893, p. 4.♦ Par dérision 23. Quelques généralités sans précision sur la fidélité et le dévouement que les salariés de toutes sortes doivent à ceux qui les emploient, sur la modération avec laquelle ces derniers doivent user de leur prépondérance économique, une certaine réprobation pour toute concurrence trop ouvertement déloyale, pour toute exploitation par trop criante du consommateur, voilà à peu près tout ce que contient la conscience morale de ces professions. Durckheim, De la Division du travail soc.,1893p. [La conscience morale du point de vue de sa qualité, de ses différents degrés d'intensité appréciés relativement au système des valeurs morales communes à tous les membres du groupe] Conscience droite, intègre, délicate, scrupuleuse, timorée. Comme il n'était à la cour que depuis quelques heures, sa conscience de province était terriblement pointilleuse Mérimée, Chronique du règne de Charles IX,1829, p. 108.Mon mari a beaucoup plus d'estime pour Michel Korsakof à cause de son caractère irréductible et pour sa conscience de granit G. Leroux, Rouletabille chez le tsar,1912, p. 39.− Conscience large. Conscience peu scrupuleuse. Synon. conscience facile, souple, élastique fam..Avoir la conscience large, facile, souple, élastique fam.. Ne pas être scrupuleux et se juger avec une grande indulgence. Synon. ne pas avoir la conscience chatouilleuse fam..Il ne me plaît pas, comme à vous, de revenir sur des incidents oubliés. − C'est que vous avez la conscience facile Estaunié, L'Empreinte,1896, p. 20124. ... les idéalistes petits bourgeois n'ont pas toujours la conscience chatouilleuse; à l'occasion ils sont capables d'en encaisser gros sans broncher. S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 547.− Homme de conscience. Homme de devoir. Être homme de conscience; avoir de la conscience. Avoir à conscience de + inf. Tenir pour une obligation de, se faire un devoir de. Faire preuve de conscience. Les hommes de conscience voulaient marcher avec la Constitution à laquelle on leur avait fait jurer d'être fidèles Mmede Chateaubriand, Mémoires et lettres,1847, p. 59.♦ [Dans un sens anton.] Homme sans conscience; être sans conscience; faire qqc. sans conscience; manquer de conscience; ne pas avoir de conscience. Tu es donc sans conscience, puisque tu enseignes et démontres des choses que tu ne sais pas Flaubert, Smarh,1839, p. 17.Votre conscience a besoin de trouver un écho dans une autre conscience. Vous tombez mal, Monsieur Ancelot, je n'ai pas de conscience Aymé, Travelingue,1941, p. 939.♦ Avec la conscience du devoir accompli. En jugeant avoir accompli son devoir conformément au système moral accepté 25. ... mon pauvre homme voit la grande charrette de l'hôtel riverain s'enfoncer sous les arbres ... et criant, sous le poids des malles et des valises, tandis que lui philosophe pensif, s'en retourne à la lueur des étoiles avec sa brouette vide. ... mais il n'en vient pas moins là chaque jour, avec la conscience du devoir accompli, ... Hugo, Le Rhin,1842, p. 290.− P. méton. Personne douée d'une conscience morale particulièrement vive, à laquelle elle se conforme sans compromis. Conscience droite; être une haute conscience, une conscience pure; tenir qqn pour une conscience. Il faut, en ces heures périlleuses ... la tranquille résolution des hautes consciences dans l'accomplissement du devoir Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 441.Clemenceau, qu'il [Swann] déclarait maintenant avoir tenu toujours pour une conscience, un homme de fer Proust, Le Côté de Guermantes 2,1921, p. 582.B.− [La conscience morale du point de vue de son fonctionnement, en tant qu'entité personnelle, comme détachée de soi et personnifiée, que l'on interroge ou interpelle, qui réagit et juge, avec laquelle il faut transiger, auprès de laquelle on doit se justifier, qui manifeste son approbation ou sa désapprobation avant ou après l'accomplissement d'un acte...] Notre conscience est un juge infaillible, quand nous ne l'avons pas encore assassinée Balzac, La Peau de chagrin,1831, p. 150.Si vous avez... dans votre passé... de ces... ces fautes qui troublent notre conscience... ne semblent pas... mériter de pardon... des fautes en apparence irréparables, ... le pouvoir m'est donné de vous en absoudre Bernanos, Monsieur Ouine,1943, p. 152026. ... au moment de contracter des devoirs envers cette dame, un scrupule de conscience m'est venu. Depuis le temps que j'ai perdu l'habitude de... de... de l'amour, enfin je ne savais plus si je serais encore capable de... de..., vous savez bien... Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, La Rouille, 1882, p. Conscience bourrelée, inquiète; remords de conscience; être tourmenté par sa conscience; se faire un scrupule de conscience de qqc.; interroger sa conscience, tenir à l'approbation de sa conscience, prendre le chemin tracé par la conscience; composer, transiger, trouver des accommodements avec sa conscience; blesser, gêner la conscience de qqn; conscience qui reproche qqc. à ,,La question de savoir si le jugement est antérieur ou postérieur au sentiment dans la conscience morale, est controversée selon J. Lachelier, ,,le propre de la conscience est d'approuver ou de blâmer, la joie et la douleur ne venant qu'après le jugement moral``; selon M. Bernès, il faudrait au contraire la définir propriété qu'a l'esprit humain de sentir la valeur morale, et de rendre ce sentiment explicite au moyen de jugements normatifs» Lalande 1968.− Voix de la conscience. Injonction de la conscience relative à un acte futur. Être attentif à la voix de sa conscience, étouffer la voix de sa conscience. Il n'y a pas une voix qui vous crie [MgrSibour] que vous devez prêter à la critique, pas une voix, celle de votre conscience moins que les autres, qui vous avertisse en secret E. Delacroix, Journal,t. 2, 1854, p. 143.Il [MrMachelin] se fit honte d'une pareille faiblesse, et écouta la voix de sa conscience. Lucien épouserait l'apprentie modiste comme son devoir l'obligeait Aymé, Le Nain,1934, p. 79.Rem. ,,M. Bernès ajoute que l'expression classique la voix de la conscience » est une image qui n'a rien d'essentiel. Elle n'exprime que le caractère immédiat et spontané de la conscience; mais elle en fait disparaître l'intériorité. Elle se rattache à la conception théologique d'un Dieu étranger qui se fait entendre dans l'âme, non à la donnée psychologique d'une vie intérieure qui est nous-mêmes. On peut remarquer d'autre part, en faveur de cette image, qu'elle correspond à un fait réel d'objectivation souvent observé en psychologie; par exemple dans les dédoublements de la conscience, l'inspiration artistique, etc.`` Lalande, 1968.− Crise, drame de conscience 27. Le seigneur communiste, demeuré seul à l'écart du champ de bataille, se débattait dans une crise de conscience hésitant s'il marcherait contre le peuple. Aymé, Le Puits des images,1932, p. 72.− Affaire de conscience. Problème mettant en jeu la conscience morale parce qu'il implique, pour que soit préservée la paix de la conscience, le besoin et la nécessité, malgré certaines difficultés, de se conformer à une obligation morale. C'est une affaire de conscience; ce n'est pas une affaire de conscience; faire de qqc. une affaire de conscience. Il faut voir les choses comme elles sont. Quoi! d'être malade, ce n'est pas une affaire de conscience! Bernanos, La Joie,1929, p. 578.− Faire qqc. selon, suivant, contre sa conscience. Parler selon sa conscience. Agir contre sa conscience. [En parlant de qqc.] Être contre la conscience de qqc. Je désapprouve toutes ces mesures; elles sont contre ma conscience, et je ne signerai pas Scribe, Bertrand et Raton,1833, IV, 5, p. 199.Si les juges ont décidé selon leur conscience, on ne saurait leur en faire un reproche Aymé, Vogue la galère,1944, p. 46.− Avoir sa conscience pour soi. Avoir, quoi qu'il arrive, la certitude et la satisfaction d'agir − ou d'avoir agi − selon sa conscience. Il me reste ma conscience 28. Il avait renoncé à beaucoup de choses, il n'écrivait plus, il ne s'amusait pas tous les jours mais ce qu'il avait gagné en échange, c'est qu'il avait sa conscience pour lui, et ça c'était énorme. S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 217.− Bonne conscience. Conscience satisfaite de l'homme qui a le sentiment d'agir conformément aux valeurs morales et de n'avoir aucun reproche à se faire. Avoir bonne conscience 29. Mystérieuse candeur, et inquiétante, mais d'une inquiétude charmante et qui est à la fausse, à la coupable sécurité du libertinage... la sécurité même, par l'effort incessant d'une bonne conscience... Verlaine, Confessions,1895, p. 118.♦ Synon. conscience conscience satisfaite est triste, et l'accomplissement du devoir se complique d'un serrement de cœur Hugo, Les Misérables,t. 2, 1862, p. 408.♦ [Souvent par dérision] Convictions ». Mot qui permet de mettre, avec une bonne conscience, le ton de la force au service de l'incertitude Valéry, Mauvaises pensées et autres,1942, p. 178.♦ Péj. Se donner bonne conscience. Trouver les accommodements et l'indulgence nécessaires vis-à-vis de soi-même pour avoir à moindre frais le sentiment de s'acquitter de ses obligations morales et de n'avoir rien à se reprocher [Le suj. désigne qqc.] Donner bonne conscience à qqn; s'acheter une bonne conscience. Jamais cet homme ne créera un vrai parti de gauche; il sert tout juste d'alibi aux gens qui veulent s'acheter une bonne conscience à bas prix... S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 524.− Mauvaise conscience. Conscience insatisfaite et culpabilisée de l'homme qui a le sentiment de n'avoir pas − ou d'avoir mal − respecté les valeurs morales. Avoir mauvaise conscience [Le suj. désigne qqn ou qqc.] Donner mauvaise conscience à qqn. Ainsi risque-t-elle [la littérature], après avoir été au 18esiècle, la mauvaise conscience des privilégiés, de devenir, au 19esiècle, la bonne conscience d'une classe d'oppression Sartre, Situations II,1948, p. 136.♦ Être la mauvaise conscience de qqn. Rappeler à qqn les raisons qu'il a d'avoir mauvaise conscience 30. Je le gêne, tu comprends. .... Tu as vu le genre de gens qu'il fréquente? Nous sommes sa mauvaise conscience; il ne demande qu'à s'en débarrasser. » S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 401.− Avoir la conscience nette, pure; être de conscience pure; conscience sans reproche; avoir la conscience tranquille; faire qqc. avec la conscience tranquille; avoir sa conscience en règle; se mettre en règle avec sa conscience; avoir la conscience en paix, en repos; assurer le repos de sa conscience; faire qqc. pour le repos de sa conscience, pour apaiser sa conscience. Rollin a répandu sur les crimes des hommes le calme d'une conscience sans reproche Chateaubriand, Génie du christianisme,t. 2, 1803, p. 97.Elle qui n'avait jamais fait de mal, et dont la conscience était si pure! Flaubert, Un Cœur simple,1877, p. 45.♦ P. iron. Le pauvre Bayvet se promenait tranquillement avec la conscience tranquille de ses cent mille livres de revenu E. Delacroix, Journal,t. 2, 1853, p. 90.♦ Par acquit de conscience; pour l'acquit de sa conscience littér.; p. ell., par conscience. Pour s'acquitter d'une obligation et assurer, quoi qu'il arrive, la tranquillité de sa conscience, mais sans conviction et en se donnant le moins de peine possible. Elle les talocha [les deux enfants] encore par conscience Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, En famille, 1881, p. 358.Je cherchai plutôt par acquit de conscience qu'avec conviction s'il était possible, ... de donner à mes attributions toute l'ampleur et toute l'autorité qui me paraissaient indispensables Joffre, Mémoires,1916, p. 431.− Loc. adv. En toute conscience. En toute honnêteté, en toute probité. Être tenu en conscience de + inf.; en bonne conscience, en toute tranquillité de conscience; en sûreté de conscience. Sans porter aucunement atteinte à la conscience morale. Mes devoirs sont remplis et je ne me crois plus engagé à rien en conscience Chateaubriand, Correspondance gén.,t. 2, 1789-1824, p. 11231. ... en demeurant irréprochable comme homme privé, on pourra, comme homme public, être en sûreté de conscience et d'honneur le dernier des misérables. Lamennais, De la Religion,1repart., 1825, p. 45.♦ En mon âme et conscience, dans ma conscience. Dans ma plus intime dérision. En mon âme et conscience ... et la main sur le cœur, je te trouve moche Aymé, Le Bœuf clandestin,1938, p. 131.♦ [Formule du serment que prononce le premier juré avant de faire connaître le verdict du jury] Sur mon honneur et ma conscience, devant Dieu et devant les hommes, la déclaration du jury est...Jurer qqc. sur son âme et conscience. Elle a repris son air affable quand je lui ai juré sur mon âme et conscience que, ... le métier de farceur littéraire ne convenait nullement à mon caractère et à ma position Janin, L'Âne mort et la femme guillotinée,1829, p. 5.− [Loc. liées aux notions de faute et de remords en tant qu'ils sont ressentis par l'être humain comme ayant un caractère pesant et constituant une charge à porter]♦ Fam. Avoir qqc. sur la conscience. Avoir un grave manquement à la morale à se reprocher. En avoir gros sur la conscience; se charger la conscience; mettre, laisser qqc. sur la conscience de qqn. Faire, laisser peser sur lui l'entière responsabilité de quelque chose. Observons les règles, afin de n'avoir aucun poids sur la conscience A. Arnoux, Rêverie d'un policier amateur,1945, p. 46.P. métaph., pop. ou arg. Se mettre un aliment sur la conscience. Mettre un aliment dans son estomac, charger son estomac de cet aliment, manger quelque chose. Se coller un cataplasme sur la conscience. Manger beaucoup. Allons, colle-toi ça sur la conscience, lui dit la bonne femme en lui tendant un bol de bouillon » Bruant, 1901, p. 207.♦ [Le suj. désigne un manquement aux valeurs morales ou le sentiment de culpabilité consécutif à ce manquement] Charger la conscience de qqn; peser sur/à la conscience de qqn; rester sur la conscience de qqn. Il y a un péché qui doit lourdement charger sa conscience A. Dumas Père, Don Juan de Marana,1836, I, 4, p. 9.[Voiturier] sentait peser sur sa conscience trente cinq ans d'action anticléricale et progressiste Aymé, La Vouivre,1943, p. 247.♦ Dire tout ce qu'on a sur la conscience. Dire, avouer tout ce que l'on a à se reprocher. Décharger, soulager, libérer sa conscience. C.− P. [La conscience morale en tant que pouvoir, droit de juger et d'agir selon ce jugement]− Liberté de conscience. Liberté laissée à chacun, en particulier par les pouvoirs publics, de juger des doctrines, religieuse et philosophique notamment, qui lui conviennent, accompagnée de la liberté d'y conformer sa vie. Respecter la liberté de conscience, reprendre sa liberté de conscience 32. ... celui qui n'est aux prises qu'avec des niais injustes doit s'interroger avant de leur céder, et partir de là pour reconnaître qu'il n'y a nulle part, entre Dieu et lui, de contrôle légitimement absolu pour les faits de sa vie intime. La conséquence étendue à tous de cette vérité certaine, c'est que la liberté de conscience est inaliénable. G. Sand, Histoire de ma vie,t. 3, 1855, p. 348.♦ Étouffer, opprimer, violenter les consciences. Empêcher par quelque moyen, en particulier par la force et la répression, l'usage et/ou la manifestation de la liberté de conscience. ♦ DR. DU TRAVAIL, JOURN. Clause de conscience. Disposition légale permettant à un journaliste de rompre le contrat le liant à son employeur, pour des raisons de liberté de conscience, en cas de changement d'orientation du journal, et cela dans des conditions d'indemnisation équivalant à celles prévues pour les licenciements abusifs cf. G. Belorgey, Le Gouvernement et l'admin. de la France, 1967, p. 144.− Vendre sa conscience. Abandonner à d'autres personnes, en échange de certains avantages, son pouvoir et son droit de juger par soi-même et de se déterminer librement. Marchander, acheter la conscience de qqn. − Objection de conscience. Action d'objecter des devoirs supérieurs d'ordre religieux, ou simplement moral, pour refuser d'accomplir une obligation légale; en partic., refus d'accomplir ses obligations militaires au nom de la religion, ou de la morale, qui condamne la violence et le fait de tuer. Objecteur de conscience. Celui qui oppose une objection de conscience à l'accomplissement de ses obligations militaires 33. Des militants de l'antimilitarisme comme des pacifistes comprirent que la défense de la nation et de la justice ne faisait qu'un et que cette défense exigeait parfois que l'on prenne les armes. Des objecteurs de conscience voulurent être des soldats. B. Cacérès, Hist. de l'éduc. pop.,1964, p. [La conscience morale en tant qu'ensemble des jugements en fonction desquels une personne agit; par suite, la conscience en tant que lumière qui permet d'orienter ses actes, de diriger sa vie] Éclairer, diriger, endormir, obscurcir les consciences. L'honneur national! » grommela-t-il, de nouveau. Tous les grands mots sont déjà mobilisés, pour endormir les consciences! ... » R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 484.− P. méton. [La conscience morale en tant que siège des pensées, des sentiments les plus intimes ou les plus secrets] Lire, pénétrer dans les consciences; sonder les consciences. Il avait le don de conseil; on l'appelait le voyant; il lisait dans les consciences Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 5, 1859, p. 396.3. [La conscience morale considérée comme ayant son siège dans le cœur]a [Le passage de conscience à cœur s'explique par le fait que le premier symbolise l'honnêteté morale et le second la sincérité; p. réf. au geste qui consiste à mettre la main sur son cœur pour protester de sa sincérité, et pour inviter qqn à dire la vérité] Littér., vieilli. Mettre la main sur la conscience. S'interroger en toute honnêteté. Je parie que vous-même vous avez fait vos farces. Voyons, la main sur la conscience, est-ce vrai? Maupassant, Une Vie,1883, p. 127.b MARBRERIE, SERR. ,,Pièce en bois ... garnie de fer ou seulement en fer, que l'on pose sur la poitrine pour soutenir et pousser le foret pendant qu'on le fait tourner avec un archet`` Chabat t. 1 1875, Chabat 1881. Plaque de conscience R. Champly, Nouv. Encyclop. pratique,t. 11, 1927, p. 89.D.− [La conscience morale du point de vue de son application dans des domaines particuliers]1. [La conscience morale appliquée aux obligations professionnelles] Conscience professionnelle. Scrupuleuse honnêteté que l'on apporte à l'exécution de son travail, inspirée par le sens des exigences de sa profession accompagné de la volonté de s'en acquitter au mieux quelles que soient les difficultés. Mettre beaucoup de conscience dans son travail; faire un travail avec conscience; travailler en conscience; travail qui est de conscience. Synon. conscience du/de métier, conscience travail était de conscience ... cent et cent fois j'avais fait, défait et refait la même page Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 2, 1848, p. 251.Nous le vîmes [le nouveau] qui travaillait en conscience, cherchant tous les mots dans le dictionnaire et se donnant beaucoup de mal Flaubert, Madame Bovary,t. 1, 1857, p. 4.La conscience de certains journalistes est au niveau de leur talent Maupassant, Bel-Ami,1885, p. 15634. Ce manque de conviction dans la valeur de la tâche se traduit d'ailleurs chez nombre de bourgeois ... par un affaiblissement de la conscience professionnelle. Aymé, Le Confort intellectuel,1949, p. 146.− P. ext. Application, minutie, soin que l'on apporte à l'accomplissement d'un acte quelconque. J'ai recommencé d'aujourd'hui à faire des armes. J'étudie avec conscience cet art compliqué Flaubert, Correspondance,1847, p. 78.Et il [Voillenier] lisait le journal du matin avec la conscience qu'il apportait à ses moindres actions P. Bourget, Une Fille-mère,1928, p. 199.− IMPRIM. Travail en conscience. Travail particulièrement délicat pour l'exécution duquel on s'en rapporte à la conscience professionnelle du typographe qui est, en conséquence, rémunéré à l'heure ou à la journée, contrairement à ce qui se passe pour le travail à la pièce. Une journée de conscience. Mettre un compositeur en conscience Ac. 1835-1932. Homme de conscience, équipe de conscience; ouvriers en conscience; être en conscience.♦ P. méton. Ensemble des ouvriers travaillant en conscience. C'est ordinairement la conscience qui corrige les tierces où se fait le travail en conscience, où se tiennent les hommes de conscience. Aller à la conscience Ac. 1835-78. Ce compositeur travaille à la conscience [La conscience morale appliquée aux obligations religieuses]− Examen de conscience. Examen approfondi, prescrit par l'Église, de ses pensées, de ses intentions, de ses actes du point de vue de leur valeur morale, fait en particulier pour se préparer à la confession. Faire son examen de conscience; examen de conscience quotidien. Ces examens de conscience tout faits, où les imaginations pures se dépravent en réfléchissant à des monstruosités ignorées Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1847, p. 51835. L'examen de conscience est un exercice favorable, même aux professeurs d'amoralisme. Il définit nos remords, les nomme, et par ainsi les retient dans l'âme, comme en vase clos, sous la lumière de l'esprit. À les refouler sans cesse, craignez de leur donner une consistance et un poids charnel. Bernanos, L'Imposture,1927, p. 328.♦ P. ext. Examen de conscience politique. − État fidèle de l'empire, sa prospérité. − Idées libérales de l'empereur sur la différence des partis Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 447.Il entreprit ... un examen de conscience artistique de tous ses écrits L. Capet, La Technique supérieure de l'archet,1916, préf., p. 6.− Cas de conscience. Difficulté créée par une situation ambiguë où la conscience hésite à se déterminer dans un sens précis faute d'une prescription religieuse à laquelle se référer dans un tel Examen d'un cas de conscience; poser, résoudre un cas de conscience; cas de conscience qui pèse sur qqn.♦ Faire à qqn un cas de conscience de + subst. ou de + inf. Le tenir pour obligé de faire quelque chose au nom de la morale, quelles que soient les difficultés qui en résultent 36. C'est vraiment une désolation que de te voir réprimer et lier avec je ne sais quels scrupules ton âme, qui tend de toutes les forces de sa nature à se développer de ce côté. On t'a fait un cas de conscience de suivre cet entraînement, et moi je t'en fais un de ne pas le suivre. M. de Guérin, Correspondance,1834, p. 128.♦ P. ext., cour. Situation conflictuelle délicate à résoudre, sa solution engageant la conscience morale du sujet; scrupule. Se faire un cas de conscience de qqc. a Avoir scrupule à faire quelque chose que l'on ressent comme allant à l'encontre de sa conscience morale. b Se tenir pour obligé de faire quelque chose parce que l'on en ressent l'obligation morale. P. ell., vieilli. Se faire une conscience de + subst. ou de + inf. Se faire un cas de conscience de. C'est une conscience de. C'est un cas de conscience de. Si vous avez encore des scrupules, qu'à cela ne tienne tout cas de conscience est respectable Sandeau, Mllede La Seiglière,1848, p. 118.C'est un mot de vérité que je te demande, et il ne faut pas te faire conscience de me le dire Sand, François le Champi,1850, p. 136.Quand nous touchions à un magnifique cas de conscience, et dans un problème où toute une nation était intéressée, il ne pensa qu'à sa personne Barrès, Au service de l'Allemagne,1905, p. 30.− Directeur de conscience. Homme d'Église qui dirige la conscience de quelqu'un pour l'aider à vivre selon les valeurs morales et religieuses. Diriger la conscience de qqn. Avoir un directeur de conscience, avoir la conscience dirigée, cela lève le cœur de dégoût Léautaud, Journal littér.,t. 1, 1893-1906, p. 85.− HIST. Conseil de conscience. Conseil ecclésiastique appartenant au conseil royal et chargé de régler certaines affaires ecclésiastiques. Conseil de conscience de la reine Anne d'Autriche Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 1, 1840, p. 509.Rem. On rencontre ds la docum. a Le verbe trans. conscienciser, néol. d'aut. formé sur le modèle d'humaniser. Donner la conscience à. L'homme est un fabricateur de conscient. Son éminente dignité vient précisément de son aptitude à conscienciser » la nature et à l'humaniser L. Daudet, L'Hérédo, 1916, p. 108. b L'adj. conscientiel, ielle, philos. Qui est relatif à la conscience. Étapes conscientielles cf. Philos. Relig., 1957, p. 3215. Le mouvement premier de la réflexion est... pour transcender la qualité conscientielle pure de douleur vers un objet-douleur Sartre, L'Être et le Néant, 1943, p. 401.Prononc. et Orth. [kɔ ̃sjɑ ̃s]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. I. Conscience morale A. 1. ca 1165 sentiment intérieur qui juge ce qui est bien et ce qui est mal » Livre des Rois, éd. E. R. Curtius, II, XXIV, 10, p. 107; 1230, sept. bone conscience Ch. de Thib. de Champ., A. Mun. Troyes ds Gdf. Compl.; 1306 en leur consienche A. S. Omer, CXXI, pièce 3, ibid.; 1609 cas de conscience, v. cas; 2. av. 1569 liberté de conscience [Louis de Bourbon, prince de] Condé, Mémoires, p. 641 ds Littré; 3. 1721 conscience publique ensemble des opinions morales d'une société » Montesquieu, Lettres Persanes, 129, ibid.; 4. 1673 la poitrine considérée comme siège de la conscience » mettre la main à la conscience s'examiner de bonne foi » Molière, Le Malade Imaginaire, I, 5. B. 1723 travail d'un typographe taxé pour la durée, non pour la quantité d'effort produit » Savary des Bruslons, Dict. universel de comm.. II. Conscience psychologique 1. 1676 philos. Malebranche ds Trév. 1704 les philosophes entendent par la conscience, le sentiment intérieur qu'on a d'une chose dont on ne peut former d'idée claire et distincte; 2. 1762 sentiment que l'être humain a de ses états et de ses actes » Rousseau, Emile, I ds Littré. Empr. au lat. class. conscientia proprement connaissance en commun » claire connaissance qu'on a au fond de soi-même, sentiment intime, sentiment, conscience » [notion de bien et de mal]. Fréq. abs. littér. 15 179. Fréq. rel. littér. xixes. a 12 637, b 13 693; xxes. a 21 720, b 33 375. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, p. 392. − La Charité R.. The Concept of judgment in Montaigne. The Hague, 1968, 149 p. − Lindemann R.. Der Begriff der Conscience im französischen Denken. Iena und Leipzig, 124 p.

toute conscience est conscience de quelque chose